Psychothérapie de l’enfant en période de latence (6 – 11 ans) : Difficultés émotionnelles et troubles du sommeil
Par Julie AHMAD, psychologue clinicienne spécialisée (entre autres) dans la psychothérapie de l’enfant en période de latence.
Profil
Psychothérapie Enfant : Comprendre la période de latence
Vous cherchez un psychologue pour enfants spécialisé dans les difficultés émotionnelles et les troubles du sommeil chez l’enfant de 6 à 11 ans?
La période de latence qui s’étend d’environ 6 à 11 ans (après la petite enfance et avant la puberté et l’adolescence), représente une étape cruciale du développement de votre enfant au cours de laquelle peuvent apparaître ou se développer des troubles du sommeil, des difficultés d’apprentissage ou des problèmes de gestion des émotions.
En tant que psychologue clinicienne et chercheur en psychologie clinique, une partie de mes recherches et ma pratique quotidienne de thérapeute valident le fait que la période de latence, souvent méconnue du grand public et des parents, constitue pourtant un temps fondamental du développement de l’enfant au cours duquel se structurent les bases de sa personnalité future. Les difficultés émotionnelles qui peuvent parfois apparaître durant cette phase nécessitent une approche thérapeutique adaptée.
Cette période tire son nom du fait que la pulsionnalité infantile semble « en latence », après la résolution de complexes psychiques qui pourraient sembler plus denses au cours de la petite enfance. mais cette accalmie masque en réalité un travail psychique intense et une réorganisation profonde des aménagements pulsionnels et de l’économie psychique chez l’enfant d’âge scolaire.
Psychothérapie Enfant : Les caractéristiques de la période de latence
Un temps logique de structuration psychique chez l’enfant
La période de latence s’articule comme une véritable « temps logique » aux périodes qui la précèdent et qui lui succèdent dans le développement psychique de l’enfant. Elle permet l’entérinement, le refoulement ou le remaniement des pulsions infantiles et prépare les processus adolescents. Cette période est ainsi riche en changements et en réinvestissements émotionnels, et nécessite parfois l’intervention d’un psychologue spécialisé pour accompagner les difficultés émotionnelles qui peuvent s’ensuivre.
La latence se décompose en trois grands moments dits « logiques » en ce qu’ils s’articulent de manière logique entre eux :
- 1. L’instant du regard : c’est le moment où l’enfant se rend compte que ses parents ne sont plus les parents « tout-puissants » de sa première enfance. S’ensuit une certaine déception (car il n’est plus, lui non plus tout-puissant) qui ouvre l’entrée dans la latence
- 2. Le temps pour comprendre : durant la majeure partie de la période de latence, l’enfant va chercher à comprendre le fonctionnement de son environnement pour faire face à cette absence de toute-puissance des parents, et trouver des solutions à son autonomie. Il cherchera ainsi à développer de nouvelles compétences face à ce nouveau savoir qui s’impose à lui.
- 3. Le moment de conclure : c’est celui qui anticipe logiquement les processus adolescents. L’enfant va désormais avoir à faire face de manière autonome à ses conflits internes mais aussi aux relations externes. Ce troisième moments anticipe l’adolescence qui s’ouvre avec lui.
Développement des mécanismes de défense
Durant la latence, l’enfant de 6 à 11 ans, développe des mécanismes de défense plus sophistiqués face aux angoisses que fait souvent naître le fait d’avoir à renoncer à la « toute-puissance » (imaginaire) des parents comme à sa propre toute-puissance infantile (également imaginaire). L’expérience du mensonge par exemple, prend une valeur symbolique structurante dans son rapport au monde et aux autres (les autres ne savent pas tout, l’enfant a désormais un espace psychique qui lui est propre et il peut l’expérimenter). Ces nouveaux mécanismes de défense sont destinés à apaiser les angoisses liées aux changements de cette période. Dès lors, certaines manifestations peuvent nécessiter une consultation psychologique pour éviter l’installation de troubles névrotiques chez l’enfant.
Difficultés émotionnelles de l’enfant : Troubles fréquents durant la période de latence
Troubles du sommeil et cauchemars récurrents de l’enfant
Les troubles du sommeil chez l’enfant de 6 à 11 ans sont parmi les motifs de consultation les plus fréquents en psychothérapie de l’enfant. Ces cauchemars récurrents de l’enfant révèlent essentiellement (en dehors de traumatismes) des tensions psychiques importantes :
- Angoisses de séparation chez l’enfant non élaborées antérieurement;
- Persistance de conflits infantiles non résolus;
- Peurs nocturnes de l’enfant et réactivation d’angoisses archaïques;
- Difficulté à gérer l’émergence de nouveaux désirs en lien avec cette période de changement et d’autonomisation
Comment aider votre enfant avec troubles du sommeil :
- Maintenir un rituel coucher enfant sécurisant
- Permettre l’expression des peurs sans les minimiser
- Rester à l’écoute des questionnements et difficultés quotidien(ne)s que votre enfant exprime spontanément
- Consulter un psychologue pour enfant si troubles persistants
Difficultés d’apprentissage et Troubles scolaires de l’enfant
La scolarité durant la période de latence peut révéler diverses difficultés nécessitant une prise en charge psychologique de l’enfant :
Inhibitions intellectuelles chez l’enfant :
L’enfant peut développer une inhibition face aux apprentissages, symptôme d’un conflit psychique. Cette inhibition scolaire peut mettre en difficulté une intelligence existante et préservée mais entravée par des blocages d’origine psychologique (sentiment de ne pas être à la hauteur, de ne pas y arriver alors que les compétences sont bien présentes).
Troubles de l’attention chez l’enfant : une agitation ou une passivité excessives témoignent souvent d’une difficulté à investir psychiquement les apprentissages. Ces difficultés de concentration de l’enfant nécessitent une évaluation spécialisée afin de mettre en évidence le conflit interne qui est à leur origine, puis de traiter ce dernier en psychothérapie.
Problèmes relationnels scolaires :
Les conflits avec les camarades ou les enseignants sont souvent des manifestations d’angoisses plus profondes ou peuvent révéler des problématiques en lien avec l’environnement extérieur. Ils peuvent s’originer de difficultés émotionnelles et / ou psychiques qu’il est nécessaire de mettre en lumière à travers une thérapie de l’enfant adaptée.
Agitation de l’enfant : une expression symptomatique en période de latence
Certains enfants en période de latence présentent une agitation motrice qui signe une difficulté dans le travail psychique spécifique à cette période. Une agitation comportementale de l’enfant de 6 à 11 ans doit être évaluée afin de diagnostiquer ou d’éliminer une hyperactivité. Elle peut être comprise comme :
- Un signe de dysfonctionnement dans le processus de latence
- Une difficulté à symboliser les conflits internes
- Un recours à l’agir face à l’angoisse
- Ou encore, une forme d’hyperactivité avec ou sans trouble de l’attention.
Dans tous les cas, une consultation avec un psychothérapeute d’enfants permet de distinguer l’agitation passagère et symptomatique de celle, plus spécifiée, nécessitant un accompagnement thérapeutique au plus long cours.
Les troubles névrotiques chez l’enfant en période de latence
Manifestations classiques
Il existe des troubles névrotiques de l’enfant en période de latence, plus ou moins transitoires et normaux durant cette période, se manifestant sous diverses formes :
Phobies scolaires : Refus d’aller à l’école souvent lié à une angoisse de séparation non élaborée ou à des conflits inconscients réactivés par la situation scolaire. Il peut s’agir également d’une manifestation réactionnelle de l’enfant à une situation environnementale plus grave liée à du harcèlement scolaire.
Obsessions et rituels : Comportements répétitifs, vérifications, rituels insistants… il s’agit de manifestations comportementales qui témoignent d’une tentative de contrôle de l’angoisse. Il est alors nécessaire de distinguer si l’angoisse sous-jacente est passagère (liée aux changements introduits par la période de latence) ou bien plus profonde et symptomatique d’un mode de structuration particulier, et d’aider l’enfant à verbaliser cette angoisse en thérapie.
Conversion somatique : Maux de ventre, maux de tête récurrents ou autres malaises somatiques régulièrement exprimés sans cause organique, peuvent être l’expression corporelle d’angoisses ou de conflits psychiques.
Troubles de l’humeur : Périodes de tristesse, d’irritabilité ou de retrait… ces éléments doivent toujours alerter et être évalués par une professionnel de l’enfant afin de repérer d’éventuels signes de dépression infantile.
L’importance du diagnostic différentiel
Il est crucial de distinguer les manifestations névrotiques transitoires, normales à cette période, des troubles plus structurés nécessitant une prise en charge thérapeutique (les premières pouvant céder avec un simple accompagnement psychologique).
Cette évaluation requiert une expertise clinique fine et une compréhension approfondie des enjeux psychiques de la latence.
L’approche thérapeutique en période de latence
Spécificité de la thérapie avec l’enfant en période de latence
La thérapie des enfants en période de latence présente des particularités importantes :
Le rapport à la parole : L’enfant en latence est désormais en capacité de s’exprimer et d’exprimer ses émotions par la parole mais n’a pas encore développé la capacité d’introspection de l’adolescent et de l’adulte. Le thérapeute doit adapter ses techniques de verbalisation en utilisant le jeu, le dessin ou d’autres médiations (modelage, contes…).
La place des parents : L’implication des parents est cruciale (c’est l’alliance thérapeutique) tout en respectant l’espace thérapeutique de l’enfant. il s’agit de trouver un équilibre en information et confidentialité.
Le transfert spécifique : Le transfert de l’enfant en latence se caractérise par une recherche de figures d’autorité bienveillantes, différentes des parents.
Comment se déroule une première séance chez un psychologue ?
Conseils pratiques pour les parents
Reconnaître les signaux d’alerte
Les parents doivent être attentifs à certains signaux qui peuvent indiquer la nécessité d’une consultation :
- Changements brutaux de comportement
- Régression dans les acquis
- Troubles du sommeil persistants
- Difficultés scolaires soudaines
- Retrait social important
- Manifestations somatiques récurrentes sans cause médicale
- Angoisses excessives ou phobies invalidantes
Accompagner son enfant au quotidien
Maintenir un cadre sécurisant : La période de latence, bien que l’enfant soit plus autonome, nécessite la continuité de repères stables et cohérents
Favoriser l’expression émotionnelle : Encourager l’enfant à verbaliser ses ressentis sans forcer les confidences et en permettant une identification au vécu du parent lorsqu’il était enfant aussi par exemple
Respecter l’intimité grandissante de l’enfant : L’enfant en période de latence développe un besoin d’intimité qu’il a parfois du mal à exprimer et qu’il est nécessaire de respecter voire de favoriser tout en restant disponible.
Soutenir sans surprotéger : Accompagner l’autonomisation progressive tout en restant un soutien fiable.
Quand consulter un psychologue spécialisé pour enfant ?
La consultation devient nécessaire quand :
- Les difficultés persistent malgré l’accompagnement parental
- L’enfant exprime une souffrance psychique importante
- Les troubles impactent la vie familiale, scolaire et/ou sociale
- Les parents se sentent démunis face aux symptômes de l’enfant
- En cas d’apparition de troubles névrotiques de l’enfant structurés
Trouver le bon psychologue pour enfant :
Privilégiez un psychologue clinicien spécialisé dans la thérapie de l’enfant en période de latence avec formation psychanalytique.
Mes prestations de psychologue
L’importance de la prise en charge précoce :
Prévention des troubles futurs
Une intervention thérapeutique adaptée en période de latence peut prévenir l’installation de troubles plus sévères à l’adolescence ou à l’âge adulte. Cette période offre en effet cadre thérapeutique privilégié du fait d’une plasticité psychique permettant des remaniements importants.
Impact sur le développement futur :
Les expériences de la période de latence ont un impact durable sur :
- La construction de la personnalité et de l’estime de soi
- Le rapport au savoir et aux apprentissages
- Les relations sociales et affectives futures
- La gestion émotionnelle à l’adolescence
- La structuration de la personnalité
Conclusion : L’importance d’un accompagnement spécialisé
La période de latence, loin d’être un simple temps d’accalmie pulsionnelle chez l’enfant, représente une étape cruciale du développement de l’enfant. Les difficultés relationnelles qui surgissent entre 6 et 11 ans – troubles du sommeil, difficultés d’apprentissage, troubles névrotiques – ne doivent jamais être banalisés.
Une psychothérapie enfant adaptée menée par un psychologue spécialisé période de latence, peut prévenir l’installation de troubles plus sévères à l’adolescence.
Les parents, premiers observateurs de leur enfant, jouent un rôle essentiel dans le repérage des difficultés et l’orientation vers un psychologue pour enfants qualifié.
En tant que psychologue clinicienne spécialisée, j’accompagne quotidiennement des enfants dans l’élaboration de leurs conflits internes pour construire des assises psychiques solides. Une prise en charge précoce des difficultés émotionnelles de l’enfant constitue un investissement fondamental pour l’équilibre psychique futur.
Vous cherchez un psychologue pour enfant spécialisé dans la période de latence? N’hésitez pas à consulter pour offrir à votre enfant l’accompagnement thérapeutique adapté à ses besoins spécifiques.
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A propos : Julie AHMAD, psychologue clinicienne, Docteur en psychopathologie, Psychanalyste. Spécialisée psychothérapie enfant, adolescent, adulte. Expertise période de latence. Consultations psychologue Montpellier. Auteur publications scientifiques développement psychique enfant.


